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cafés des libertés

☕️ 3 Cafés des libertés, 3 thématiques, 1 même format

Ces événements ont pris la forme de 3 rencontres, les mercredis soirs de juin, le 10, le 17 et le 24, dans la métropole lyonnaise. Lors des 3 Cafés des Libertés, le format était le même : une table ronde, avec 1 h 30 de témoignages et de partage d’expérience, suivie de 30 minutes d’échanges avec le public, au cours desquels les personnes avaient l’occasion de partager leurs questions et leur point de vue, afin d’enrichir et prolonger les échanges.

Au cours des différents événements, étaient rassemblés diverses associations, chercheur.euses, ou collectifs, afin d’échanger autour de 3 thématiques majeures et de mettre en valeur 3 secteurs associatifs particulièrement impactés par la question des libertés associatives;

✊ Associations féministes & queer

🌍 Associations de lutte contre le racisme et l’islamophobie

🌱 Associations écologistes

Ces événements étaient gratuitsaccessibles à tous.tes et inclusifs.


🎙️Vous n’avez pas pu venir aux Cafés des Libertés ?

🤗 On a pensé à vous !

En effet, pour prolonger la portée de ces moments d’échange et permettre au plus grand nombre d’en bénéficier, une valorisation des 3 tables rondes a été pensée sous forme de podcasts.

Les 2 premiers Cafés des Libertés ont été enregistrés grâce à l’association Questions d’Asso, qui réalise des podcasts par et pour les associations. Au-delà du seul enregistrement, Questions d’Asso a également co-animé et co-organisé ces deux premières tables rondes aux côtés du Mouvement Associatif Auvergne-Rhône-Alpes, apportant son expertise tant sur le contenu que sur la captation audio.

Le 3ème et dernier enregistrement a, quant à lui, été réalisé grâce au matériel mis à disposition par l’Alternatibar, et plus particulièrement par l’association Action Justice Climat Lyon, lieu d’accueil et intervenant de ce dernier Café des Libertés.

🤳Où les retrouver ?

Les trois podcasts des cafés des libertés seront bientôt disponibles sur les différentes plateformes d’écoute de Questions d’Asso. Ils seront également accessibles sur les sites internet des associations participantes et relayés sur leurs réseaux sociaux.

Vous ne voulez pas les manquer ? Restez connectés aux réseaux sociaux du Mouvement Associatif Auvergne-Rhône-Alpes : chaque épisode y sera annoncé dès sa mise en ligne !


Les échanges ont dans un premier temps mis en lumière les conditions d’exercice de ces deux associations, et notamment leur rapport aux financements publics. D’un côté, le Planing Familial 69, solidement installé sur le territoire avec un budget d’un million d’euros et 19 salarié·es, fait face à une dépendance croissante aux logiques de financement par projet, au reporting, et à une forme d’autocensure dans ses prises de parole publiques. De l’autre côté, l’association FRISSE, fonctionne sans salariés avec un plus petit budget, ce qui lui confère une plus grande liberté d’action, mais une précarité structurelle réelle. Deux modèles très différents, qui posent chacun à leur manière la question de l’indépendance associative.

Au-delà du financement, les échanges ont également porté sur la manière dont ces associations sont perçues dans l’espace public, les attaques dont elles peuvent faire l’objet, notamment de la part de mouvements d’extrême droite, les inquiétudes face à un contexte politique de plus en plus hostile, et les entraves aux libertés associatives qu’elles peuvent rencontrer. Malgré leurs différences, les deux associations partagent un même terrain d’action autour des violences sexistes et sexuelles et de l’accompagnement des personnes concernées, avec une même conviction : la nécessité d’une approche intersectionnelle, intégrant notamment les réalités des personnes trans et des travailleuses du sexe, encore trop peu prises en compte dans les politiques publiques.

C’est ce point de convergence qui a naturellement ouvert la parole à Bérénice Hamidi, en dressant un état des lieux des dispositifs de prise en charge des VSS existants en France, qu’ils soient judiciaires ou thérapeutiques, et de leurs nombreuses limites face à des violences qui traversent l’ensemble de la société. Elle a également ouvert des pistes de transformation, exposées dans son ouvrage, puis à fini en soulignant le rôle central et l’importance que peuvent jouer les associations et les collectifs citoyens pour faire évoluer ces dynamiques.


🗣️ Avec les témoignages et travaux de recherche de :

  • L’association FRISSE (mobilisée pour la santé sexuelle pour tous·tes)
  • Le planning familial du Rhône (association féministe et d’éducation populaire)
  • Bérénice HAMIDI (professeure à l’Université Lyon 2, spécialiste des études de genre, des théories féministes et des approches intersectionnelles).

📚 Avec la participation de la librairie associative La Tanière

Grâce a La Tanière une sélection d’ouvrages en lien avec les thématiques était proposée lors du 1er Cafés des Libertés, permettant aux personnes présentes, et le souhaitant, de prolonger leurs réflexions et de continuer à se renseigner sur les sujets abordés.


👨‍🍳 Avec l’implication du Rita Plage

Le Rita Plage nous a accueillis chaleureusement, et a permis de prolonger l’événement en un moment de partage convivial avec sa délicieuse cuisine à prix libre !


Les échanges ont mis en lumière deux manières très différentes, mais complémentaires d’investir le champ politique, afin de faire entendre la voix des personnes marginalisé.es. Le Pacte Lyon Respirable, mouvement réunissant 23 associations féministes, climatiques et antiracistes, a choisi d’interpeller les candidat.es aux élections, en leur soumettant des engagements concrets à signer. On s’en mêle 69, de son côté, est allé encore plus loin en présentant directement des candidat.es aux dernières élections municipales, dont plusieurs d’entre elleux ont été élu.es.

Les avantages d’être structuré en association ou en collectif relèvent, pour ces deux structures, de visions et de volontés différentes, qui ont également été discutées. La soirée a également été l’occasion d’aborder de front les difficultés rencontrées par les associations, et plus largement les personnes engagées dans des luttes antiracistes et de lutte contre l’islamophobie.

Lucas Faure a apporté un éclairage de chercheur sur les effets concrets de la loi dite séparatisme sur l’associatif musulman, venant clarifier dans la loi le vécu subi sur le terrain depuis bien longtemps. Nous avons également parlé de l’autocensure généralisée, de l’évitement du politique, de la nécessité de “montrer patte blanche” auprès des pouvoirs publics, des contraintes que les associations chrétiennes, par exemple, ne rencontrent que rarement. Il a également souligné que les répressions touchant les quartiers populaires et les associations minoritaires ont souvent une valeur de testavant de se généraliser à d’autres secteurs.

Les échanges ont conclu sur une conviction partagée : face aux vents contraires et à des répressions qui se globalisent, la convergence des luttes n’est pas une option mais une nécessité.


🗣️ Avec les témoignages et travaux de recherche de :

  • Karima, porte-parole du Pacte Lyon Respirable (Collectif citoyen et associatif engagé pour une métropole plus juste, inclusive et décoloniale)
  • Le collectif On s’en mêle 69 (un collectif citoyen portant la voix des quartiers populaires pour l’égalité et la solidarité)
  • Lucas Faure (Post-doctorant au Germe, Université libre de Bruxelles, chercheur associé au Mesopolhis, spécialiste de l’associatif musulman).

🏡 Avec l’implication du Collectif Solidarité Cusset, et de l’association Idir Espoir et Solidarité

Le Collectif Solidarité Cusset a largement contribué à faire de cette soirée à l’Île Égalité un espace accueillant, propice aux rencontres et aux échanges. À l’issue des discussions, Najet, de l’association Idir Espoir et Solidarité, a proposé un repas à prix libre, offrant ainsi aux participant.es l’occasion de poursuivre les conversations dans une atmosphère chaleureuse et détendue.


Pour clore la première édition des Cafés des Libertés quatre intervenant·es étaient réuni·es à l’Alternatibar. La soirée a d’abord mis en lumière, une nouvelle fois, la question du financement et de l’indépendance, en mettant en avant le phénomène de polarisation du tissu associatif. En prenant l’exemple de nos deux associations du soir : FNE Rhône, avec un budget important financé quasi exclusivement par des collectivités publiques, vivant sous la dépendance directe des couleurs politiques des élu·es locaux·les, en ayant toutefois un accès plus important aux équipes techniques et élues des collectivités dans une optique de dialogue. À l’inverse, Action Justice Climat ayant fait le choix délibéré de ne pas reposer sur des subventions publiques, finançant son fonctionnement principalement via le bar de l’Alternatibar et les dons, un choix directement lié à ses modes d’action, notamment la désobéissance civile.

Les deux associations ont ensuite témoigné des entraves concrètes auxquelles elles ont été confrontées récemment. FNE 69 a vu ses subventions coupées après l’envoi d’un courrier collectif alertant sur un projet de port de plaisance à Anse, avant de se voir proposer une “charte de bonne conduite” à signer pour les retrouver. Action Justice Climat, de son côté, a remporté une victoire juridique et symbolique face à une décision de refus de financement liée à l’usage du Contrat d’Engagement Républicain, mais pas financière, puisque les frais de procédure restent entièrement à leur charge et la subvention ne leur sera probablement pas restituée. Les deux associations ont également évoqué les disqualifications publiques dont elles font l’objet.

Ce qui a permis l’élargissement de la réflexion au monde de la presse  indépendante, au sein duquel nous retrouvons les mêmes dynamiques. Rue89Lyon a témoigné des pressions quotidiennes subies, menaces de procès, intimidations, exclusions de points presse et procédures judiciaires récentes. Charlotte Clavreul a mis en perspective ces réalités en présentant le Fonds Riposte, créé pour prendre en charge les frais d’avocat des médias indépendants visés par des procédures abusives, un outil qui illustre une dynamique plus large. Face à la concentration des médias et à la multiplication des pressions, les médias indépendants apprennent progressivement à se considérer non plus comme des concurrents, mais comme des partenaires d’un même contre-pouvoir à préserver.


  • Action Justice Climat Lyon (collectif luttant pour la justice sociale et climatique)
  • France Nature Environnement 69 (fédération militante pour la sauvegarde de la nature et de l’environnement dans un souci de développement durable)
  • Charlotte Clavreul (du Fonds de Presse Libre, et du Fonds de Riposte, luttant pour une presse indépendante)
  • Rue89Lyon (Média local indépendant d’enquête et d’investigation)

🎙️ Avec l’implication d’Action Justice Climat


📚 Avec la possibilité de se documenter sur le sujet

Grâce aux différents prospectus, brochures et livrets mis à disposition par le collectif On s’en mêle et le Mouvement Associatif Auvergne-Rhône-Alpes, les participantes et participants pouvaient prolonger leur réflexion à l’issue des tables rondes.

Le Mouvement Associatif Auvergne-Rhône-Alpes proposait également une vente à prix libre du nouvel ouvrage du CREFAD Loire, intitulé « Militer, gérer, résister : les visages de l’éducation populaire à Saint-Étienne« . Ce livre offre un éclairage sur les libertés associatives et retrace l’histoire ainsi que les enjeux de l’éducation populaire à Saint-Étienne.


🗣️ Pour aller plus loin

Pour aller plus loin et créer une réflexion collective, une plateforme collaborative en ligne a été créée, nommée “Libertés Associatives Auvergne-Rhône-Alpes”. Cette plateforme a pour but de centraliser des ressources, partager des expériences et renforcer les solidarités entre structures. Que vous soyez une association souhaitant inscrire un de vos futurs événements, voulant témoigner d’une atteinte à vos libertés, voulant entrer en contact avec des “personnes-ressources”, ou simplement cherchant à vous informer et à vous outiller, cette plateforme est faite pour vous.


🤗 Un grand merci à celles et ceux qui ont participé de près ou de loin à cette première édition des Cafés des Libertés !


Des événements organisés par le Mouvement associatif Auvergne-Rhône-Alpes, avec le soutien de la Chaire des droits humains et environnementaux et de la Fondation innovation et transitions

Votre asso est victime d’atteinte à ses libertés associatives ? Un numéro direct par le Collectif des associations citoyennes : 07 62 53 13 75

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